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Distorse, Gloire et Chouchen |
Annulant le reste de leur tournée pour «raison médicale», les Humains passent le reste de l’été à Biarritz, assistant aux soirées acidifiées de Timothy Leary, où il leur arrive parfois de se joindre aux Cravates A Pois pour des bœufs interminables destinés à entrer dans la légende. Thomson-Ducretet les ayant bien entendu laissé tomber, ils gravent leurs deux simples suivants sur le label indépendant Puyoo. «Quelle solution ?»/«L’infirme» (Puyoo 8), qui sort en novembre, présente deux morceaux rapides, où la guitare distordue de Rapaport et la voix criarde de Bretin sont en parfait accord sur un fond de voix passées à l’envers dans d’immenses réverbes. Deux petits bijoux du gymnase glorieux, dont le second est constitué par un habile mélange des deux titres de leur premier enregistrement que Thomson-Ducretet n’avait pas voulu sortir. Quant à «Brutes de brutes»/ «Attentats» (Puyoo 12), dernière production de cette petite maison de disques, il n’apparaîtra qu’en mars 1965, pour être aussitôt retiré de la vente. On est alors au sommet de la vague de désertion consécutive à l’Eté Insensé, et les autorités ne plaisantent pas avec ceux qui critiquent l’armée. Dans la foulée, Rapaport et Descombes, qui ont déjà accompli vingt-quatre mois de service à la fin des Cinquante et demeurent réservistes, sont rappelés. Le premier sera abattu trois jours après son arrivée en Algérie, tandis que le second, qui a perdu une jambe en sautant sur une mine, est réformé en octobre à cause de sa jambe amputée. Quant à Denis Bretin, il fonde Télévision, qui durera jusqu’en 1969, et traversera les Soixante-dix avec le groupe de blues urbain Bleu Nuit, en compagnie du guitariste virtuose Max Lambert (ex-Gégénies de l’ælectricité) et de la section rythmique du quatuor lourdingue Chevalier Noir.L'illustration est de CAZA. |